Nous sommes de faction de bonne heure sur le pont pour assister à l’approche de Sainte Hélène.
La brume enveloppe les courbes harmonieuses de l’île qui semble ainsi résister à l’invasion du millier de touristes venus briser la quiétude qui règne en ce lieu isolé du reste du monde.
Nous débarquons en chaloupe, et pour la première fois de mémoire de « Costanaute » pas de bousculade ni de tricherie pour être parmi les premiers à débarquer. Le nouveau procédé mis en place est aussi rigoureux qu’efficace. Les tricheurs en sont pour leurs frais et font grise mine.
Il est 10 heures lorsque nous arrivons à terre. Cette année nous avons prévu de rester dans le village qui nous avait séduit il y a un an, mais que nous n’avions pu visiter faute de temps.
À l’arrivée nous sommes accueillis par les autochtones qui méritent leur réputation de gentillesse et de serviabilité. L’île compte 4000 habitants environ, et n’est desservie que par l’unique cargo mixte qui fait la liaison depuis Le Cap.
Nous nous dirigeons en premier lieu vers l’ «immigration office» pour faire apposer sur nos passeports le cachet faisant foi de notre passage. Ce n’est pas une démarche obligatoire dans ce territoire anglais, mais nous voulions garder ce souvenir.
Juste à côté l’unique cellule de prison de l’île: elle avait l’air vide…
Nous poursuivons notre promenade dans les ruelles du village, profitant au passage de la fraîcheur du jardin public « Castle Gardens » où trône un oiseau géant taillé dans un seul et même arbre.
Arrivés au pied de «Jacob’Ladder» nous voyons tous ceux qui, téméraires, ont entrepris de gravir les 699 marches qui relient le fort à la zone du débarcadère.
Il faut être courageux car les marches sont hautes, l’inclinaison importante donne le vertige et la chaleur du soleil rayonne sur la roche environnante.
Nous nous contenterons de quelques marches seulement.
Le petit musée de Sainte Hélène est situé au pied de l’escalier. Nous le visitons avec intérêt, il résume très bien la vie de l’île et des premiers immigrants.
Le rituel est pratiquement le même dans les pays que nous avons traversés:
découverte par les portugais, ensuite occupation des hollandais, mais au final, ce sont toujours les anglais qui récupèrent la mise !
De rares objets évoquent la présence de Napoléon, mais il est vrai que plusieurs propriétés lui sont consacrées: le pavillon des Briars, première résidence de l’empereur en arrivant sur l’île, Longwood, sa demeure durant les 6 années de son séjour et enfin la vallée du tombeau où il fut enterré avant d’être exhumé pour revenir reposer en France.
Nous les avions visités l’an dernier, aussi nous voulions rester sur nos beaux souvenirs. Nous aurions été probablement déçus car depuis peu il est interdit de filmer et de photographier à l’intérieur de Longwood.
Il est d’ailleurs cocasse de constater que les visites guidées se font exclusivement en anglais, alors que ces lieux sont territoire français !
Après un excellent «fish and chips» à la mode hélènoise, nous partons à la recherche d’une voiture pour faire un petit tour dans l’île qui offre de beaux panoramas.
Ici pas de taxis, mais des particuliers qui contre quelques dollars se mettent à votre disposition.
Notre chauffeur, un métis, nous apprend qu’il travaille sur le chantier de l’aéroport en construction. Il a un fort accent que nous n’arrivons pas à comprendre, la réciproque est d’ailleurs valable.
Il tenait absolument à faire le parcours historique, et eu toutes les peines du monde pour comprendre que nous voulions uniquement nous rendre à High Knoll, un fort situé au sommet d’une colline qui surplombe l’île.
Il a dû penser que nous n’étions pas des français comme les autres, pour se désintéresser à ce point de l’histoire napoléonienne.
D’une silhouette imposante, ce fort offre des vues spectaculaires sur l’île, malheureusement partiellement obstruées par la végétation, de plus la brume de chaleur altère la visibilité.
Nous redescendons jusqu’à Ladder Hill, dont finalement le point de vue se révèlera plus beau. Nous sommes situés au sommet des fameuses marches, et nous lisons sur les visages des courageux grimpeurs toute la difficulté pour les gravir.
Nous retournons à bord par l’une des dernières chaloupes.
À 17 heures neoRiviera lève l’ancre accompagne sa manoeuvre de puissants coups de corne de brume, les autorités locales montées à bord s’éloignent dans leur canot non ponté en nous faisant adieu par de grands signes de la main.
Le départ sera comme l’arrivée, le rideau de brume recouvre peu à peu Saint Hélène qui progressivement diminue en s’éloignant pour disparaitre totalement.
Cap au Nord-Ouest pour Mindelo au Cap Vert distant de 2277 milles nautiques, que nous atteindrons après six jours de mer.




Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire