Il est 8 heures, à vitesse réduite nous assistons depuis le pont supérieur à l’arrivée de notre navire à Cochin.
Escorté par le bateau qui vient de déposer son pilote à bord, neoRiviera se fraye un chemin au milieu d’un long et étroit bras de mer qui nous conduit au port.
Nous quitterons Cochin ce soir à 23 heures c’est donc une belle journée d’escale qui s’offre à nous.
Elle débute par notre excursion qui nous emmène à Alleppy à une centaine de kilomètres de là.
En traversant la zone portuaire nous apercevons l’activité économique locale, avec des trains complets de riz, ou de bois de tecks.
Notre bus nous rappelle notre premier voyage en Inde en 1991, avec une zone climatisée réservée aux voyageurs, et le poste de pilotage séparé par une cloison vitrée avec comme climatisation… la porte ouverte. « L’équipage » se compose de 3 personnes: la guide (uniquement anglophone), le chauffeur et son aide. C’est lui par exemple qui descend présenter les papiers aux autorités, nettoie le « poste de pilotage », aide les passagers les moins agiles à monter et descendre du bus etc… Un petit boulot en somme, mais qui a le mérite d’exister.
Nous mettons à profit ces 2 heures de route pour écouter les explications de la guide et capter quelques scènes pittoresques de la vie quotidienne.
Nous voici arrivés à Alleppy, petite ville connue ici comme la Venise de l’Est.
En arrivant nous embarquons à bord d’un « house-boat » pour une petite croisière à travers les eaux de la région.
Ici le terme « house-boat » prend toute sa signification car c’est littéralement une "maison sur un bateau ». C’est pour certains habitants de cette région leur unique habitat. Ils y vivent et se déplacent confortablement. Chaque house-boat est généralement composé d’une chambre, d’une salle à manger joliment décorée, d’une terrasse à l’avant et d’une cuisine entièrement équipée à l’arrière. Celle que nous utiliserons est bien évidemment destinée uniquement à la promenade, mais ressemble en tous points aux autres.
C’est un magnifique spectacle qui se déroule devant nous. Notre maison flottante navigue à travers des lacs et un réseau de canaux larges ou parfois étroits.
Nous admirons de près la vie de ces villages, avec les pêcheurs, les femmes qui font la lessive, les enfants qui rentrent de l’école, ou encore les rizières de part et d’autre.
Et puis tous ces bateaux qui s’entrecroisent, chargés de pierres, de bois, de poissons, de produits agricoles, composent une gentille pagaille.
Ce (trop court) voyage nous emmène visiter la rencontre du paradis et de la terre.
Allez, ne rêvons plus, demi-tour et nous rentrons au port.
Il est 15 heures, déposons nos affaires, et repartons pour profiter au maximum de notre escale.
Et c’est en tuk-tuk que nous partons à la (re)découverte de fort Kochi.
Notre pilote est plutôt raisonnable, et réussit à se faufiler parmi les passants, les camions, les voitures, les motos et les autres tuk-tuk. Il y en a ici des milliers. Nous profitons au maximum de son pot d’échappement et de ses amortisseurs (si, si, il parait qu’il y en avait).
Très gentil, il a coeur de nous faire découvrir son quartier.
Se promener ici, c’est comme voyager dans le temps. Les influences portugaises, hollandaises et anglaises qui se sont succédées ont laissé leur marque, au niveau architectural, religieux et culturel.
Nous nous arrêtons à un lavoir, où le linge de l’hôpital est lavé quotidiennement. Une femme nous montre (enfin plutôt à Monique…) ses talents de repasseuse. Il en faut de la force pour manipuler son très lourd fer qui contient des braises de charbon à l’intérieur.
Nous nous arrêtons ensuite pour voir un temple hindouiste de l’extérieur, car l’entrée de celui-ci est interdite aux non hindouistes.
Puis nous sommes invités à visiter une sorte de coopérative où nous avons loisir de voir le séchage du gingembre ainsi que le travail des femmes au tamisage.
Non loin de là une messe a lieu dans une église catholique, il y en a beaucoup ici. Nous restons quelques instants, le temps de voir la ferveur de ses fidèles qui emplissent presque totalement l’église, et les décors symboliques revisité à l’indienne, à grandes touches de dorures et de couleurs brillantes et éclatantes.
Avant de nous diriger vers le bord de mer, notre pilote tient à nous montrer quelques fresques qui ornent les murs d’une ruelle. L’une d’elle e retenu un peu plus notre attention: c’est une représentation de la liberté d’expression…
La nuit approche, c’est au bord de la mer que nous finirons cette promenade pour voir les fameux filets chinois qui ne sont pas sans rappeler les palanques charentaises. Quelques pêcheurs sont encore présents et les font fonctionner.
La nuit tombe vite ici, et c’est de nuit que nous rentrons au bateau.
Adieu Kochi, adieu Inde, à chaque visite nous t’apprécions encore plus. Alors peut-être cela n’est-il qu’un au revoir ?

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